Les bonnes pratiques de la filière garanties par une Charte d’Engagements

 

Les conserves de poissons sont des produits de haute qualité, issus de poissons soigneusement sélectionnés et de techniques de pêche adaptées, dans le respect des réglementations en vigueur et en allant au-delà. Détenteurs d’une expertise de pointe, les fabricants français ont rédigé une Charte d’Engagements réunissant leurs bonnes pratiques. De la pêche jusqu’au produit fini, ils s’engagent à fournir des conserves de qualité, respectueuses des attentes des consommateurs, tant en matière de goût que de respect de l’environnement et des ressources marines, que de sécurité sanitaire, de qualités nutritionnelles ou de responsabilité sociétale.

 

La Charte est articulée autour de 8 thèmes clés pour garantir les meilleurs produits aux consommateurs :

  1. Préserver les ressources maritimes
  2. Promouvoir une pêche durable
  3. Intégrer les préoccupations sociales, environnementales, et économiques de la RSE dans les activités des entreprises
  4. Contrôler étroitement la qualité des produits
  5. Assurer une sécurité sanitaire optimale
  6. Assurer une traçabilité rigoureuse
  7. Conserver les qualités nutritionnelles des poissons
  8. Remplir un rôle citoyen.

 

Les fabricants de conserves de poissons s’engagent ainsi à :

 

Préserver les ressources maritimes en :

  • s’assurant que leurs approvisionnements sont issus de pêches légales et enregistrées. Les poissons des bateaux de l’Union européenne sont pêchés sous contrôle selon les règles de l’UE, et les poissons d’origine hors-européenne ne peuvent être achetés que si leurs captures sont dûment certifiées conformément à la réglementation de l’UE ;

Le règlement « contrôle des pêches » 1224/2009 impose un ensemble de règles contraignantes à tous les bateaux pêchant dans les eaux de l’Union européenne, et à tous les bateaux de l’Union européenne pêchant dans les eaux des pays tiers. Il permet aux Autorités de gérer de manière précise un vaste ensemble de domaines dans lesquels s’exerce la pêche maritime, allant des autorisations d’accès à la ressource (licences de pêche…) à la surveillance des navires (y compris par satellite), et des obligations déclaratives (log books) au contrôle par les autorités maritimes des capacités, des filets, des captures, des débarquements, etc.

Le règlement 1005/2008 sur la lutte contre les pêches illégales, non déclarées et non enregistrées (dites pêches INN) interdit l’importation de poissons matières premières et produits finis dans l’Union européenne s’ils ne sont pas accompagnés de certificats de captures prouvant qu’ils ont été pêchés dans un cadre légal, déclaré, enregistré.

  • suivant l’état des stocks de sardines, de maquereaux et de thons, dans le cadre du suivi des ressources réalisé par la CITPPM (Confédération des Industries de Traitement des Produits de la Pêche Maritime et de l’Aquaculture), avec l’appui de bureaux d’études spécialisés ;

Le travail réalisé dans le cadre de la Confédération des Industries de traitement des Pêches Maritimes (CITPPM), particulièrement pour le maquereau et la sardine, constitue une démarche volontaire à l’initiative des conserveurs.

Pour suivre l’état des stocks, les conserveurs ont sollicité le BUREAU VERITAS (OCEANIC DEVELOPPEMENT) pour la mise à disposition de « fiches ressources ». Cette base commune établie de manière indépendante vise à guider les conserveurs pour se positionner individuellement dans leurs politiques d‘approvisionnement.

Pour s‘informer de l’état des stocks de haute mer (thon tropical notamment), les conserveurs utilisent d’autres sources d’information, comme les travaux, rapports et évaluations de Organisations régionales de gestion de la pêche (ORGP), ou encore les travaux de l’ISSF (International Seafood Sustainability Foundation).

  • mettant en œuvre une politique d’achats intégrant dans ses décisions un objectif de préservation des ressources des différents stocks de thons.

Les espèces de thon qui sont utilisées pour la fabrication de conserves sont principalement les thons tropicaux : thon albacore (ou thon à nageoires jaunes), thon listao, et thon patudo (ou thon obèse). Le thon blanc (ou thon germon) est pêché en zone tempérée, au large des côtes de la France et de l’Irlande : il reste « le thon traditionnel » apprécié des connaisseurs.

 

Promouvoir une pêche durable en :

  • engageant des démarches visant à favoriser une pêche durable et responsable, respectueuse de la biodiversité. Chaque entreprise signataire est engagée dans au moins une démarche telle que l’adhésion à des organismes reconnus (l’ISSF – International Seafood Sustainability Foundation…), l’approvisionnement auprès de pêcheries durables certifiées (MSC – Marine Stewardship Council ou autres Ecolabels), la mise en place d’exigences spécifiques dans les Cahiers des Charges fournisseurs…

En savoir plus :

UppiaSous l’impulsion de professionnels français, l’AFNOR et FranceAgrimer ont obtenu le lancement d’un nouveau projet de norme internationale ISO, visant à qualifier et organiser au niveau mondial les labellisations de la « pêche durable ». Ce travail sera très utile pour renforcer la confiance des consommateurs vis-à-vis des allégations « pêche durable ».

En effet, plusieurs labels indépendants existent dont le plus connu, le label MSC, relève d’une organisation indépendante à but non lucratif. Son référentiel, développé avec des experts scientifiques, reprend une large part des critères du Code de conduite de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) pour une pêche responsable. Il certifie les pêcheries volontaires qui adoptent des pratiques de pêche respectueuses de ces critères, ainsi que les produits qui en sont issus de manière traçable.

L’ISSF est un partenariat unique, réunissant la filière du thon, la communauté des sciences halieutiques, et WWF, ONG leader mondial de la conservation de la nature. Cette instance soutient des initiatives scientifiques à long terme pour l’exploitation durable des ressources de thon et la sauvegarde de la biodiversité, notamment en réduisant les prises accessoires et en défendant la santé de l’écosystème marin. L’ISSF favorise trois grandes approches : la science appliquée, le lobbying et des actions directes sur les marchés. Ses actions sont appliquées dans six domaines prioritaires : la gestion des capacités de pêche, la réduction des prises accessoires, l’éradication des pêches illégales, non réglementées et non déclarées, le renforcement des systèmes d’information, l’amélioration de l’efficacité des systèmes de suivi, de contrôle et de surveillance et l’amélioration de la santé des stocks mondiaux de thon. De plus, l’ISSF collabore étroitement avec les organisations régionales de gestion des pêches (ORGP) responsables des stocks mondiaux de thon.

  • continuant à encourager les Bonnes Pratiques de la pêche thonière, notamment la présence de systèmes d’observation embarqués sur les navires des thoniers senneurs français.

L’ISSF s’appuie sur les ORGP pour mettre en place un référencement des bateaux de pêche directement consultable on-line et utilisable par les opérateurs : le « Proactive Vessel Register » ou « PVR ».

De plus, l’ISSF met à disposition sur son site un outil pratique de gestion qui recense toutes les règles devant être respectées par zone de pêche.

  • demandant que les fournisseurs respectent les règles des ORGP (Organisations Régionales de Gestion de la Pêche) ou participent à des processus régionaux de régulation des pêches.
  • soutenant collectivement auprès de l’Union européenne, le renforcement des ORGP dans leur capacité scientifique et technique pour l’évaluation de la ressource, ainsi que leur capacité à faire respecter les règles communes de pêche.

La profession a toujours soutenu auprès des Pouvoirs publics français et européen la nécessité de renforcer les capacités scientifiques et techniques des Organisations régionales de gestion des pêches (ORGP) pour que ces dernières développent de manière neutre la meilleure expertise et la meilleure connaissance possible des ressources, afin de guider les professionnels dans la voie de l’exploitation durable et dans le respect de la biodiversité. C’est le cas notamment pour la Commission du thon de l’Océan Indien (CTOI) et la Commission internationale pour la Conservation des thonidés de l’Atlantique (CICTA), qui gèrent la ressource en thon dans ces deux Océans.

Parmi les mesures de gestion de la ressource mises en œuvre par les ORGP on peut citer les quotas de pêche eu concernant le thon patudo (Thunnus obesus) en Atlantique, ou encore les arrêts temporaires de pêche pour le thon albacore (Thunnus albacares) en Océan indien.

 

Intégrer les préoccupations sociales, environnementales, et économiques de la RSE dans les activités des entreprises, en :

  • développant une réflexion qui inscrit l’entreprise dans une démarche de diagnostic développement durable inspiré de la norme ISO 26 000, (Responsabilité Sociétale des Entreprises RSE), visant à évaluer et à réduire les impacts des activités de la filière sur l’environnement et la société.

Un projet expérimental a été lancé en 2013 auprès d’un échantillon d’entreprises de toutes tailles, représentatives de la profession, afin de mettre en place une méthodologie adaptée aux conserveries de poissons.

  • s’engageant collectivement et individuellement pour une gestion responsable de l’énergie et de l’eau, notamment en : étudiant collectivement l’optimisation des process (ex. la décongélation) ; Se fixant des objectifs individuels de réduction des consommations par unité produite (eau, énergie) ; Faisant la promotion de l’utilisation de sources d’énergie renouvelable ; Améliorant les process afin d’optimiser le rendement matières… 

Quelques exemples de rationalisation ECO-logique ECO-nomique – Meilleure valorisation de :

L’eau : double utilisation des eaux de process : l’eau des stérilisateurs est ensuite réorientée vers le lavage

L’air : l’air chaud des compresseurs est récupéré pour chauffer l’eau chaude sanitaire

L’huile (et les graisses) : les huiles ayant servi en friture ne sont pas jetées mais utilisées pour les systèmes de chauffage (par exemple pour alimenter des systèmes de chauffage de serres) ; de même les huiles et graisses de poissons sont récupérées dans les effluents pour être réorientées vers le chauffage.

Par ailleurs, les conserves sont stockées à température ambiante :

Non périssables à moyen / long terme, elles sont un atout dans la lutte contre le gaspillage alimentaire ;

Pas de coût d’énergie frigorifique pour le stockage et le transport des produits finis.

  • favorisant le tri, le recyclage et la valorisation des emballages et des co-produits : En collaborant, en particulier, avec Citeo. Les conserves de poissons, fabriquées en acier, en aluminium, ou en verre, sont 100% recyclables à l’infini. Cette particularité permet aux conserveries d’utiliser un minimum de matière primaire pour les emballages et d’éviter le gaspillage. D’autre part, le poids du métal des boîtes de conserves a été allégé en moyenne de 20 à 30% depuis deux décennies ; En veillant à favoriser le recyclage des cartons, plastiques, et autres matériaux d’emballage ; En valorisant les déchets de poissons ; En favorisant le recyclage ou la récupération des matières consommables (huiles usagées, produits de nettoyage, autres matières premières…).

Les conserves de poissons, conditionnées en boîtes acier ou aluminium, sont 100% recyclables à l’infini. Cette particularité permet aux conserveries d’utiliser un minimum de matière primaire pour les emballages et d’éviter le gaspillage. D’autre part, le poids du métal des boîtes de conserves a été allégé en moyenne de 20 à 30% depuis deux décennies.

  • mettant tout en oeuvre pour que les principes et droits fondamentaux au travail de l’OIT – Organisation Internationale du Travail – soient respectés pour leurs sites de production implantés en dehors de l’Union Européenne (liberté syndicale et négociations collectives, élimination du travail des enfants, sécurité et santé au travail,…) et soient intégrés sous la forme d’exigences spécifiques dans les cahiers des charges fournisseurs.
  • contribuer au développement de l’économie littorale française à travers 10 000 emplois directs et indirects.

 

Contrôler étroitement la qualité des produits en :

  • sélectionnant les fournisseurs de matières premières présentant les meilleures garanties en termes de qualité et de respect des exigences réglementaires et strictement évalués dans le cadre des systèmes de management de la qualité (démarche HACCP notamment) mis en place par les entreprises ;
  • appliquant un « double contrôle » aux produits finis importés : un contrôle dans les sites de fabrication et un contrôle à réception quand les produits sont importés sur le territoire communautaire ;
  • respectant rigoureusement les règlementations européennes en vigueur pour les conserves de thon et de sardines qui définissent, en particulier, les types de présentation (entier, morceaux, miettes, au naturel, à l’huile) et les taux de remplissage des conserves ;
  • en menant individuellement des démarches volontaires d’application de normes qualitatives, tels que Label Rouge, “Sardines à l’ancienne”, norme française AFNOR pour le maquereau…

Il existe des labels rouges pour les conserves de sardines de Saint Gilles Croix de Vie, les conserves de sardines de Bretagne (Poissons bleus de Bretagne), les conserves de thon blanc, les conserves de maquereaux.

Il existe une norme AFNOR pour les conserves de sardines « préparées à l’ancienne » garantissant une préparation à la main et une friture à l’huile avant mise en boîte.

 

Assurer une sécurité sanitaire optimale en :

  • Sans-titre-2appliquant rigoureusement le guide de bonnes pratiques d’hygiène et d’application des principes HACCP créé par la Profession en 2008 et validé par l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et les administrations, permettant d’atteindre des objectifs élevés en termes de sécurité sanitaire et de respect de la chaine du froid ;
  • participant volontairement à la base de données collective sur la qualité sanitaire des produits, mise en place avec la Confédération des Industries de Traitement des Produits de la Pêche Maritime et de l’Aquaculture (CITPPM) qui collecte annuellement les résultats d’autocontrôle des entreprises adhérentes. Développée à partir de 2013, cette base permet un suivi dynamique de la qualité sanitaire des produits ;
  • faisant certifier, via un organisme tiers indépendant, leurs sites de production, conformément à un référentiel de Sécurité sanitaire des aliments du type ISO 22 000, ou tout référentiel d’ordre privé (IFS, BRC, référentiel spécifique à un client, référentiel interne indépendant, etc.) ;
  • surveillant étroitement les risques émergents et les évolutions réglementaires, afin d’adapter en permanence leurs démarches HACCP et leurs procédures. Les sites appliquent les éléments collectifs fournis par la Confédération des Industries de Traitement des Produits de la Pêche Maritime et de l’Aquaculture (CITPPM) et l’Association des Entreprises de Produits Alimentaires Elaborés (ADEPALE).

Sans-titre-3L’adhésion volontaire aux organisations professionnelles de référence est un gage de mise à jour en continu des dernières évolutions scientifiques et réglementaires permettant aux fabricants de conserves de poissons d’être toujours au fait de l’état de l’art et d’assurer une traçabilité et une sécurité des produits optimales.

 

Assurer une traçabilité rigoureuse en :

  • interdisant à leurs fournisseurs le transbordement en mer, c’est-à-dire le passage du poisson d’un bateau à un autre, qui est proscrit dans le cadre des flottilles sous réglementation communautaire et des principales Organisations Régionales de Gestion de la Pêche (ORGP), hors contrôle spécifique par un observateur indépendant ;
  • utilisant l’ensemble des systèmes de suivi à disposition pour garantir une traçabilité précise durant toutes les étapes de préparation des conserves de poisson depuis le bateau ;
  • rappelant que les conserveurs mettent tout en oeuvre pour respecter rigoureusement les réglementations européenne en vigueur qui définissent précisément les conserves de thon, et de sardine.

Le règlement (CE) 1536/92 définit les conserves de thon, et le règlement (CE) 2136/89 définit les conserves de sardines.

Certains fabricants, à titre volontaire, ont pris l’initiative de mentionner des informations sur l’origine ou la provenance du poisson (nom du bateau, zone de pêche, …) soit en clair sur l’emballage (par exemple marquage au jet d’encre au moment du conditionnement) soit par renvoi à un site Internet ou l’information sera rendue disponible par le biais du nom du produit, de la date mentionnée sur l’emballage, ou du numéro du lot.

 

Conserver les qualités nutritionnelles des poissons en :

  • Les Conserves de Poissons : une Charte d’Engagementsmettant en œuvre des techniques de préparation des poissons qui permettent de préserver les qualités nutritionnelles du poisson sauvage. Les poissons en conserves sont notamment sources d’oméga 3, de vitamines, de calcium, de nutriments et, bien sûr, de protéines. La composition nutritionnelle est suivie au moyen d’une base de données des autocontrôles des entreprises, développée et annuellement mise à jour par la Confédération des Industries de Traitement des Produits de la Pêche Maritime et de l’Aquaculture (CITPPM).
  • fournissant un étiquetage nutritionnel et des allégations nutritionnelles basés sur des données fiables, pour garantir une information loyale du consommateur.

D’ici fin 2016, 100% des références disponibles sur le marché français présenteront un étiquetage nutritionnel. A date, elles sont déjà 80%.

La Confédération des industries de traitement des produits des pêches Maritimes (CITPPM) contribue à la constitution de bases de données nutritionnelles de référence (NUTRAQUA, CIQUAL)

  • proposant des recettes simples ou élaborées, de grande qualité gustative et respectant toujours la nature de la matière noble qu’est le poisson qu’il soit travaillé entier, en filets, en morceaux, émietté, en salade, nature, à l’huile d’olive, de soja, de tournesol, de colza, en sauces, etc. 
  • mettant à disposition des consommateurs : Des produits pratiques et au goût du jour, afin d’encourager et de faciliter la consommation de poissons ; Des informations sur les produits et leur fabrication, ainsi que des idées de recettes mettant en oeuvre les poissons appertisés, via le site collectif conservesdepoissons.fr.

Les fabricants de conserves de poissons proposent un grand nombre de produits différents aux consommateurs afin de répondre à leurs différentes attentes et goûts. Salades, pavés, rillettes, soupes… proposés par les conserveurs permettent ainsi de varier les plaisirs en offrant de nouvelles façons de déguster du poisson en conserve.

 

Remplir un rôle citoyen en :

  • défendant, perpétuant et assurant la promotion du savoir-faire traditionnel des conserveries françaises, en innovant dans le respect de la tradition afin de proposer aux consommateurs des conserves de poissons de haute qualité ; par exemple les sardines “à l’ancienne” dont la fabrication intègre la perpétuation de manipulation manuelles traditionnelles.

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